Les premiers intervenants sur une scène d’infraction, le plus souvent des gendarmes de brigades ou policiers de commissariats, ont un rôle primordial car ils sont les premiers à devoir gérer la scène de crime.

Ils ne sont pas rompus à l’enquête criminelle par conséquent leur mission est difficile mais elle est prépondérante.

Leur rôle est tout d’abord constructif car ils doivent délimiter, protéger les lieux et préserver les traces et indices les plus exposées.

Il est aussi prospectif puisqu’ils doivent noter ce qu’ils ont vu, entendu, senti (une odeur de poudre, par exemple) et même ressenti (une ambiance, par exemple).

La prise de notes face à une situation inattendue, et pour laquelle il leur est difficile de prendre du recul, est cruciale.

premiers intervenants scène de crime

L’idéal est de mettre en place un registre de la scène de crime où seront inscrits les éléments suivants :

  •  les heures d’alerte et d’arrivée sur les lieux ;
  •  l’identité des personnes présentes sur les lieux (qu’il peut être nécessaire d’isoler en tant que témoins ou suspects) ;
  •  les entrées et les sorties sur la scène de crime ;
  •  les artefacts des premiers secours (pompiers, équipes médicales…).

Le rôle des premiers secours est important à considérer. Ils sont bien souvent les premiers sur place, avant les premiers enquêteurs.
Ce qu’ils ont vu et fait doit être consigné sur des formulaires de renseignements à compléter et à donner aux enquêteurs.

Il est certain que l’urgence de la prise en charge fait qu’il n’est pas possible de conserver les lieux en l’état.

La préservation de la vie doit avoir priorité sur la préservation de la scène de crime et des éléments de preuve.

Ceci fait que le corps est bien souvent déplacé de sa position initiale.
Les traces sont dispersées et des traces papilaires peuvent être laissées à différents endroits.
L’expérience montre que les équipes de secours ne prêtent pas toujours attention à la scène de crime à leur arrivée.
Le caractère d’urgence n’est pas compatible avec la méthodologie médico-légale classique et ce sont seulement les équipes d’urgence, formées à la médecine légale, qui peuvent avoir les réflexes adéquats.

Un module de formation sur l’obstacle médico-légal au profit des médecins premiers intervenants aurait pour objectif de veiller à ce que tous les décès présentant un problème médico-légal soient signalés comme tels.

Recommandations aux premiers intervenants sur une scène de crime

Les recommandations suivantes peuvent être formulées quant à l’action des pompiers et des urgentistes :

    •  veiller à la sécurité de l’équipe ;
    •  mémoriser l’état des lieux ;
    •  isoler les premiers témoins jusqu’à l’arrivée des Officiers de Police Judiciaire ( OPJ ).
    • Eviter la présence de curieux sur place ;
    •  essayer d’approcher la victime par un autre chemin (s’il peut être supposé) que celui de l’agresseur.Utiliser un seul circuit pour entrer et sortir, en évitant de marcher sur les traces, les fluides biologiques, les objets à terre.
    •  garder toutes les issues fermées, ne pas aérer la pièce où se trouve le corps ;
    •  dès qu’un membre de l’équipe est disponible, ou idéalement dès l’arrivée sur les lieux du crime, prendre des photographies de la victime et de l’environnement ;
    •  porter des gants. Ne rien déplacer sauf nécessité, y compris la victime. Ne toucher les éléments de preuve, y compris les armes, qu’en cas de nécessité absolue, en notant auparavant dans ce cas l’emplacement ou en photographiant en utilisant des repères ;
    •  ne rien nettoyer dans l’évier ou le lavabo sur place, ne rien consommer sur la scène de crime, ne pas fumer, ne rien laisser sur place ;

si besoin, découper les vêtements en respectant les orifices d’entrées et sorties des projectiles d’armes à feu , les déchirures, et si possible, les conserver un par un dans des sacs différents ;

  •  une fois les manœuvres de réanimation effectuées, chercher le premier témoin pour reconstituer l’histoire, se garder de tout commentaire car le praticien est toujours lié par le secret professionnel à son patient, même décédé ;
  •  remplir le formulaire de renseignements qui consignera notamment les modifications apportées sur les lieux, les manœuvres de réanimation, des paramètres cliniques tels que la température rectale et si possible la température ambiante, les prélèvements effectués ;
  •  remettre tous les effets personnels de la victime aux Officiers de Police Judiciaire ( OPJ ) à leur arrivée.Une gestion optimale par les premiers intervenants (secours et enquêteurs) aura donc pour objectifs de perdre un minimum d’indices, de conserver une réalité des premiers instants et permettra le transfert, dans les meilleures conditions possibles, de la scène de crime des premiers intervenants vers les techniciens de scène de crime appelés Techniciens en Identification Criminelle ( TIC ) pour la gendarmerie et gestionnaires de scènes d’infractions ( GSI ) pour la police.L’arrivée des techniciens de scène de crime permet la désignation d’un responsable parmi l’un d’entre eux, le gestionnaire. Il devra veiller à identifier, sécuriser, protéger et prélever tous les indices potentiels et pertinents. Il aura une vue d’ensemble et coordonnera l’action des autres techniciens.La gestion d’une scène de crime peut être abordée à trois niveaux successifs.

 

  •  Une première phase d’évaluation dans laquelle, après discussion avec le directeur d’enquête qui fournit dans la mesure du possible des informations sur le contexte, va permettre la mise en place d’un premier niveau de gestion. Le protocole retenu comporte la fixation de l’état des lieux avec réalisation de croquis côtés, films et photographies. Un plan de recherche et de prélèvements des traces est ébauché.
  •  Une deuxième phase dite d’investigations où un certain nombre d’hypothèses vont être générées et où l’on va alors orienter les recherches, sélectionner des indices considérés comme pertinents puis discriminer ou exclure des traces.
  •  Une troisième phase de gestion criminalistique globale en collaboration avec différents spécialistes et experts au cours de laquelle les indices sont passés en revue, la priorité à donner aux expertises est déterminée, la démarche est adaptée aux nouvelles données de l’enquête et enfin les résultats sont interprétés. Il s’agit d’une étape reconstructive.

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