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TRACES TACHES …

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Au sens le plus large de  » crime « , les traces pourraient comprendre, bien sûr, tous les indices, mais on y doit distinguer les traces en soi déterminantes et les traces indéterminantes…

Ces traces indéterminantes, sont des indices concrets consistant en des taches ou des débris, de nature chimique, c’est-à-dire d’une nature compositionnelle et structurale donnée, constituant réellement un échantillon de substance qui autorise une étude de matière.

Grâce à des moyens de plus en plus poussés dans ce domaine, elles permettront d’obtenir des renseignements de plus en plus précis, mais rarement des éléments intrinsèques de certitude absolue quant à l’identification de la chose ou de l’homme auxquels elles se rapportent : elles n’ont donc qu’une valeur relative d’indication mais peuvent avoir une valeur absolue d’exclusion. Par exemple, des taches de sang : on peut reconnaître qu’il s’agit de sang, de sang humain de tel groupe (l’identification du coupable n’est pas pour autant démontrée à ce stade ( sur la scène de crime ). Ce n’est que pendant le déroulement de l’enquête que ce prélèvement de sang pourra prendre toute sa valeur,  » rien ne s’oppose à ce que ce sang provienne de M. untel « , c’est l’analyse ADN comparative qui se chargera de l’imposer plus tard).

Les traces en soi déterminantes sont de nature plutôt physique car, pratiquement, sans dépôt de matière (elles ne se prêtent donc guère qu’à une étude de surface, mais elles sont déterminantes en ce qu’elles conservent une relation interprétable avec la chose ou, l’homme qui les a produites, permettant ainsi d’y remonter et de déterminer, avec une certitude alors voisine de l’absolu, l’existence à cet endroit (sinon la participation à ce moment) de cette chose ou de cet homme : telles sont les traces de doigts, de pas, d’effraction… traces au sens strict, cette fois. Il n’en faudrait pas conclure que la valeur probante en tant qu’indice va décroitre des traces aux taches : les  constatations forment un tout, homogène et cohérent dont il faut toujours rechercher la cohérence et l’homogénéité.

Et c’est ainsi que des associations « tache – trace  » vont souvent potentialiser leurs intérêts propres, puisqu’elles vont combiner deux ordres de renseignements : et sur la matière et sur la manière dont elles ont été faites ; ainsi la trace, avec le sang de la victime, de la lame du couteau du crime sur un vêtement, un mouchoir… Et puis, outre ces taches et traces, il y a tous les indices matériels, et des plus divers : vestiges ou ébauches d’actions, témoins de présences ou de passages.

Ainsi, un tir par arme à feu laisse par ces témoins et par ces vestiges, des éléments balistiques supportant les stigmates consécutif à l’action de tir ; du plus haut intérêt (orifices d’entrée ou de sortie,  » beveling » et fissures radiales (ou radiaires), ogives ; étuis).

En criminalistique, il ne s’agira ni d’armement, ni d’armurerie, ni même de balistique au sens réel, mais avant tout d’expertises d’armes, de munitions et de conditions de leur emploi, donc de tirs. Un tir peut, en effet, poser plusieurs sortes de problèmes : d’abord, celui des armes, des munitions et de l’identification des unes par les autres ; ensuite, celui des trajectoires, c’est-à-dire du comportement, de la vitesse, de la course des projectiles ; enfin, celui de la direction, de la distance du tir.

Au cours du tir, dans la suite des temps de fonctionnement de l’arme liés à sa cinématique propre, vont se produire un certain nombre de marquages : une arme présentant forcément des particularités, celles-ci se refléteront sur l’ogive (balle) propulsée comme sur l’étui ( douille ) éjectée (ce sont là autant de cas particuliers, des marques d’outils, les unes provenant de frottements, les autres d’arrachements, de rabotages, d’autres d’impressions : elles devront pour l’identification être mises en évidence, sur les ogives comme sur les étuis, par rapport à l’arme qui a pu les tirer et les percuter.

A la base de l’étude criminalistique d’une trajectoire balistique se trouve la distinction, primordiale, entre orifice d’entrée et orifice de sortie, qui permettra l’établissement de la direction de tir et l’évaluation de sa distance de tir. Pour ce faire, on habillera un mannequin des vêtements de la victime et, compte tenu des données révélées par l’ autopsie, on pourra reconstituer ces trajectoires en les matérialisant au moyen de tiges balistiques qui indiquent le cheminement des projectiles.

La direction de tir sera marquée par des flèches sur cette trajectoire. Quant à la distance de tir, elle s’évaluera de façon expérimentale et comparative, avec l’arme même qui a servi, la même munition (si l’une et  l’autre sont connues) et aussi le même tissu ; des tirs à des distances croissantes permettent d’établir comme une « gamme » d’orifices de comparaison : à bout touchant 2,5,10,20,30 centimètres (l’orifice de tir semblable à celui en question indique à quelle distance a été tiré le coup de feu, au centimètre près pour les plus courtes distances ( qui sont aussi les plus importantes notamment dans les cas de doute entre homicide et suicide).

Toute ces constatations ont permis de trouver, il s’agit maintenant de prouver en Justice

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