Méthodologie, les grands principes de la criminalistique

Ayant eu le privilège de rencontrer de son vivant Denise Locard, épouse Stagnera, décédée à l’âge de 98 ans ; fille d’Edmond Locard , il apparait clairement que la science avait une place centrale dans la la vie de la famille Locard.

Deux grands principes de Police Technique et Scientifique ( PTS ) dus à Locard et Kirk soulignent la valeur fondamentale de l’indice.

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Le principe de Locard ou principe de l’échange

Edmond Locard, élève de Lacassagne, fut directeur du Laboratoire de Police Scientifique ( LPS ) de Lyon.

Esprit visionnaire ( que l’on retrouve par ailleurs chez sa fille), il est l’auteur de nombreux ouvrages de police scientifique (voir : « L’enquête criminelle et les méthodes scientifiques », Flammarion, Paris, 1920).

En 1920, il énonce que « nul ne peut agir avec l’intensité que suppose l’action criminelle sans laisser des marques multiples de son passage. Tantôt le malfaiteur a laissé sur les lieux les marques de son activité, tantôt par une action inverse, il a emporté sur son corps ou sur ses vêtements les indices de son séjour ou de son geste ».

Il est souvent exprimé sous sa forme, « tout contact laisse une trace ».

Ce principe est d’importance majeure car il offre la possibilité d’identifier ou de mettre en évidence des personnes, des objets, un moment, une durée, des actions, des faits, des liens, un mobile en se fondant sur la nature et la localisation des traces.

De même, il introduit les notions de transferts simples ou croisés, de persistance, de durée de vie de l’indice.

La pertinence des indices et leur utilité en fonction des différents temps de l’enquête en découlent également.

 

Le principe de Kirk ou principe de l’identification

Kirk, professeur de criminalistique américain, écrit en 1963 que « tout objet de notre univers est unique. Deux objets d’origine commune peuvent être comparés et une individualisation prononcée si ces objets sont d’une qualité suffisante permettant l’observation de l’individualité » (voir : « Crime investigation », 2nd edition, Wiley & Sons, New York, 1974).

Ce principe a pour conséquence que deux évènements aléatoires ne se produisent jamais exactement de la même façon, que jamais deux objets n’ont été construits ou fabriqués de la même façon, qu’ils ne s’usent ou ne se brisent jamais de la même manière.

Kirk définissait la criminalistique comme la science de l’individualisation.

Une trace est l’indicateur d’une source ; une trace est l’indicateur d’une action.

Ces deux principes consacrent la valeur de l’indice et la nécessité de sa recherche.

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